Comme un bon Dào Shì, un adepte de la Voie, nous allons commencer par Le Classique de la Pureté et du Calme 清靜經 Qīng Jìng Jīng qui est l’un des premiers ouvrages à comprendre pour pénétrer dans le travail sur soi (修行 Xiū Xíng) selon l'approche daoïste. Les prêtres daoïstes utilisent lors de la récitation de mantras ou de sutras, comme le Qīng Jìng Jīng, un tambour qui s'appelle le Mù Yú 木魚, ce qui signifie poisson en bois. Il est frappé avec un bâton pour marquer le rythme lors des récitations de textes sacrés ou des chants rituels. Le poisson est un symbole traditionnel de vigilance dans le bouddhisme et le daoïsme, car il ne ferme jamais les yeux, même lorsqu'il dort. Cela symbolise l'état d’éveil spirituel et de vigilance constante nécessaire dans la pratique. Je vous livre le Qīng Jìng Jīng sans commentaire, en chinois, pinyin et sa traduction et je vous invite à le lire à haute voix pour vous en imprégner, puis de le lire à nouveau lorsque vous aurez fini cet ouvrage. Vous pouvez trouver pour vous aider des vidéos de prêtres daoïstes récitant ce mantra.
太上老君曰:
大道無形。生育天地。大道無情。運行日月。大道無名。長養萬物。吾不知其名。強名曰道。
夫道者。有清有濁。有動有靜。天清地濁。天動地靜。男清女濁。男動女靜。降本流末。而生萬物。清者濁之源。動者靜之基。人能常清靜。天地悉皆歸。
夫人神好清。而心擾之。人心好靜。而慾牽之。常能遣其慾。而心自靜。常澄其心。而神自清。自然六慾不生。三毒消滅。所不能者。惟心未澄。慾未遣也。能遣之者。內觀其心。心無其心。外觀其形。形無其形。遠觀其物。物無其物。
三者既悟。惟見於空。觀空亦空。空無所空。所空既無。無無亦無。無無既無。湛然常寂。寂無所寂。慾豈能生。慾既不生。即是真靜。真常應物。真常得性。常應常靜。常清靜矣。
如此清靜。漸入真道。既入真道。名為得道。雖名得道。實無所得。為化眾生。名為得道。能悟之者。可傳聖道。
太上老君曰:
上士無爭。下士好爭。上德不德。下德執德。執著之者。不明道德。眾生所以不得真道者。惟有妄心。既有妄心。即驚其神。既驚其神。即著萬物。既著萬物。即生貪求。既生貪求。即是煩惱。煩惱妄想。憂苦身心。便遭濁辱。流浪生死。常沉苦海。永失真道。真常之道。悟者自得。得悟道者。常清靜矣。
Tàishàng Lǎojūn yuē:
Dàdào wú xíng. Shēngyù tiāndì. Dàdào wú qíng. Yùn xíng rìyuè. Dàdào wú míng. Chángyǎng wànwù. Wú bù zhī qí míng. Qiáng míng yuē Dào.
Fū Dào zhě. Yǒu qīng yǒu zhuó. Yǒu dòng yǒu jìng. Tiān qīng dì zhuó. Tiān dòng dì jìng. Nán qīng nǚ zhuó. Nán dòng nǚ jìng. Jiàng běn liú mò. Ér shēng wànwù. Qīng zhě zhuó zhī yuán. Dòng zhě jìng zhī jī. Rén néng cháng qīngjìng. Tiāndì xī jiē guī.
Fū rén shén hào qīng. Ér xīn rǎo zhī. Rén xīn hào jìng. Ér yù qiān zhī. Cháng néng qiǎn qí yù. Ér xīn zì jìng. Cháng chéng qí xīn. Ér shén zì qīng. Zìrán liù yù bù shēng. Sān dú xiāomiè. Suǒ bùnéng zhě. Wéi xīn wèi chéng. Yù wèi qiǎn yě. Néng qiǎn zhī zhě. Nèi guān qí xīn. Xīn wú qí xīn. Wài guān qí xíng. Xíng wú qí xíng. Yuǎn guān qí wù. Wù wú qí wù.
Sān zhě jì wù. Wéi jiàn yú kōng. Guān kōng yì kōng. Kōng wú suǒ kōng. Suǒ kōng jì wú. Wú wú yì wú. Zhàn rán cháng jì. Jì wú suǒ jì. Yù qǐ néng shēng. Yù jì bù shēng. Jì shì zhēn jìng. Zhēn cháng yīng wù. Zhēn cháng dé xìng. Cháng yīng cháng jìng. Cháng qīngjìng yǐ.
Rúcǐ qīngjìng. Jiàn rù zhēn dào. Yǐ rù zhēn dào. Míng wèi dé dào. Suī míng dé dào. Shí wú suǒ dé. Wèi huà zhòngshēng. Míng wèi dé dào. Néng wù zhī zhě. Kě chuán shèng dào.
Tàishàng Lǎojūn yuē:
Shàng shì wú zhēng. Xià shì hào zhēng. Shàng dé bù dé. Xià dé zhí dé. Zhí zhuó zhī zhě. Bù míng dào dé. Zhòngshēng suǒyǐ bù dé zhēn dào zhě. Wéi yǒu wàng xīn. Jì yǒu wàng xīn. Jí jīng qí shén. Jí zhuó wànwù. Jí shēng tānqiú. Jí shēng tānqiú. Jiǒng bìan zhú rù. Liúlàng shēngsǐ. Cháng chén kǔ hǎi. Yǒng shī zhēn dào. Zhēn cháng zhī dào. Wù zhě zì dé. Dé wù dào zhě. Cháng qīngjìng yǐ.
Le Vénérable Lǎo Zǐ dit :
« La grande Voie est sans forme, elle engendre Ciel et Terre. La grande Voie est sans sentiment, elle fait mouvoir le Soleil et la Lune. La grande Voie est sans nom, elle nourrit et entretient toutes choses. Je ne sais pas comment la nommer, mais je la désigne comme le Dào.
Le Dào a ses aspects clairs et ses aspects troubles, ses mouvements et ses pauses. Le Ciel est clair, la Terre est trouble ; le Ciel est en mouvement, la Terre est en repos ; le masculin est clair, le féminin est trouble ; le masculin est en mouvement, le féminin est en repos. Descendant de l'origine pour couler vers la fin, il engendre les dix mille êtres. Le clair est la source du trouble, le mouvement est la base du repos. Si l'Homme peut être constamment clair et tranquille, le Ciel et la Terre reviendront tous deux à l'ordre.
L'esprit humain aime la clarté, mais il est perturbé. Le cœur de l'Homme aime le calme, mais le désir le tire. Si on peut éliminer le désir, le cœur retrouve la tranquillité. Si on peut clarifier le cœur, l'esprit devient pur. Naturellement, les six désirs ne naissent pas, les trois poisons sont éliminés. Ce que l'on ne peut pas réaliser, c'est simplement parce que le cœur n'est pas clarifié et le désir n'est pas éliminé. Celui qui peut l'éliminer regarde intérieurement son cœur - le cœur n'a pas de cœur ; regarde extérieurement sa forme - la forme n'a pas de forme ; regarde au loin les objets - les objets n'ont pas d'objet.
Les trois aspects étant compris, on voit le vide. Observer le vide, c'est aussi du vide. Le vide n'a pas de lieu où il est vide. Quand le lieu vide n'existe plus, il n'y a plus de non-vide. Quand le non-vide n'existe plus, cela devient naturellement silencieux et tranquille. Le silence n'a pas de lieu où il est silencieux. Comment les désirs pourraient-ils naître ? Les désirs n'étant plus engendrés, c'est vraiment la vraie tranquillité. Vraiment constant, il répond aux choses. Vraiment constant, il obtient sa nature. Toujours répondre, toujours tranquille, toujours clair et tranquille.
Ainsi, avec cette clarté et cette tranquillité, on entre progressivement dans la vraie Voie. Une fois entré dans la vraie Voie, on l'appelle obtenir la Voie. Bien que cela soit appelé obtenir la Voie, en réalité, il n'y a rien à obtenir. Pour transformer les êtres, on l'appelle obtenir la Voie. Ceux qui peuvent le comprendre peuvent transmettre la Voie sacrée. »
Le Vénérable Lǎo Zǐ dit :
« Le sage supérieur n'a pas de querelle. L'inférieur aime la querelle. La vertu supérieure n'est pas vertu. L'inférieure s'accroche à la vertu. Ceux qui s'y accrochent ne comprennent pas la voie et la vertu. Les êtres vivants ne trouvent pas la vraie Voie seulement parce qu'ils ont des esprits trompeurs. Une fois qu'ils ont des esprits trompeurs, ils perturbent leur esprit. Perturbant leur esprit, ils s'attachent à toutes choses. S'attachant à toutes choses, naît la convoitise. Née la convoitise, apparaissent les soucis. Les soucis entraînent des pensées vaines, des tourments corporels et mentaux. Ils tombent ainsi dans l'impureté, errent dans la naissance et la mort, flottent dans la mer de la souffrance, perdent éternellement la vraie Voie. La vraie Voie constante, ceux qui la comprennent l'obtiennent d'eux-mêmes. Ceux qui obtiennent la Voie comprennent constamment la tranquillité. »